Le numérique n’est pas seulement un ensemble de technologies, c’est aussi un « milieu » dans lequel nous évoluons. Ce milieu baigne nos relations interpersonnelles et sociales, nos interactions avec l’État, notre lien à la connaissance, à l’imagination ou à l’art, et les remodèle. Il redéfinit la limite entre sphère privée et sphère publique autant qu’entre surveillance et liberté, il donne corps à la société du spectacle permanent, par tous et pour tous, il occupe voire manipule nos cerveaux : le numérique est un vecteur essentiel de projet(s) politique(s).
Le numérique est une industrie où le rythme d'obsolescence est de 5 ans grand maximum : quel est dès lors le temps raisonnable pour cadrer, décider, faire et mettre en production un projet ? Cette question est essentielle, car elle souligne le risque créé par le décalage entre le temps de décision des grandes organisations et le numérique : le retard et l’obsolescence permanents.