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Olivier Le Deuff
Professeur à Université Bordeaux Montaigne/ Institut Universitaire de France
Université Bordeaux Montaigne
Carte
Nouvelle-Aquitaine

Professeur
"
Le digital est un pharmakon. Le pharmakon, autant potion que poison. Il s’en faut de peu pour passer du remède à l’empoisonnement. Évidemment, impossible de ne pas songer à la digitale, cette plante qui fournit un cardiotonique : la digitaline, dont le dosage et la posologie peuvent transformer le remède en poison mortel, comme le savent déjà les lecteurs d’Agatha Christie.
Vision du numérique

"Je citerai un passage de mon livre Riposte Digitale : "" Le maître de l’équilibre face à l’infocalypse
Cela signifie effectivement que l’enjeu est celui de l’équilibre face aux risques « infocalyptiques », risques qui pouvaient sembler issus de la science-fiction, mais qui pourtant se sont concrétisés en mêlant à la fois tous ceux propres à l’infopollution, si ce n’est qu’ils se trouvent décuplés et mixés ensemble. Cela aboutit clairement à une absence quelconque de certitude, un doute informationnel qui peut devenir un doute existentiel
au risque de ne plus prendre en compte que les seuls éléments capables de conforter nos opinions.Cela implique à l’inverse de mettre en place des processus documentaires ou bibliothéconomiques au niveau individuel pour organiser ses différentes sources d’information, à la fois pour assurer une retrouvabilité, mais aussi pour obtenir des informa
tions nouvelles par des processus de veille.L’idéal serait de nous fournir les clefs d’un dispositif capable de prédire nos besoins informationnels en fonction de nos habitudes de recherche et de consultation, mais aussi en fonction d’éléments qu’il serait possible de contrôler. Ces systèmes toutefois sont en train de se développer, mais la plupart du temps
sans livrer réellement le mode d’emploi, si bien qu’un formidable outil d’intelligence augmentée pour un chercheur ou travailleur du savoir peut devenir une formidable machine à bêtise pour un individu lambda qui ne se soucierait pas vraiment des données qu’il laisse à disposition du système."

Anecdote / Conseil

La culture du moi n’est pas vraiment une culture, il s’agit plutôt d’un culte de l’ego qui privilégie l’investissement rapide en termes de notoriété. La culture du soi à l’inverse s’exerce sur des temps longs. Les effets sur l’ego et la notoriété ne seront pas nuls, au contraire ils s’avéreront plus durables, car les baisses de notoriété seront plus aisées à ménager. La valeur personnelle peut-être alors mesurée par des exercices de soi et pas uniquement reposée sur des reconnaissances éphémères…