Le numérique n'est pas neutre : il reflète les valeurs de ceux qui le construisent. Face à la concentration des hyperscalers et l'IA accélérationiste, l'open source n'est pas qu'un choix technique — c'est une stratégie de désintoxication. Adopter l'open, c'est minimiser ses dépendances, préserver sa capacité à changer de fournisseur, et contribuer à un écosystème qui appartient à tous. C'est ce que j'appelle l'Ouvertarisme : la souveraineté par l'ouverture. C'est aussi une technique de rattrapage, celle du challenger que nous sommes car nous avons négligé la maitrise d'ouvrage du cloud au niveau du continent Européen, en grande partie par paresse et par idéologie du libre échange théorique.
La lucidité précède l'action. On ne pilote pas ce qu'on ne mesure pas. C'est précisément l'ambition de l'Indice de Résilience Numérique : donner aux entreprises et aux États un miroir honnête de leur dépendance technologique, pour que la souveraineté numérique cesse d'être un discours et devienne un tableau de bord.